Les arts de la table

Les arts de la table ou l’art de vivre à la Française

Depuis la Renaissance, on recherche le raffinement, on sublime nos tables pour accueillir aux mieux nos convives. Cela passe par de la cristallerie dument travaillée, des vaisselles finement décorées et des couverts en métaux précieuses.

Ce désir de rayonner à travers le monde par les arts de la table a marqué notre histoire et notre patrimoine.

La verrerie et le cristal

Avant tout, il est nécessaire de faire un petit point technique sur la différence fondamentale entre le verre et le cristal.

La composition du verre

o   Oxyde formateur : extrait du sable la silice, qui le compose à 82%, c’est le vitrifiant.

o   Oxydes modificateurs :

  • Un fondant à 13% qui permet d’abaisser la température de fusion, c’est de la soude ou de la potasse, qui était du sel et de la poudre d’os à l’époque.
  • Un stabilisant à 4% qui rend plus résistant, plus brillant et imperméable, c’est de l’oxyde de calcium, c’est à dire de la craie ou de la chaux.
  • Un colorant à 1% (la couleur naturelle est le vert bouteille) on ajoute souvent du gris pour obtenir un verre transparent.

La composition du cristal

o   Oxyde formateur : extrait du sable la silice, qui le compose à 62%, c’est le vitrifiant.

o   Oxydes modificateurs :

  • Un fondant à 13% qui permet d’abaisser la température de fusion, c’est de la soude ou de la potasse, qui était du sel et de la poudre d’os à l’époque.
  • Un stabilisant à 24% qui rend plus résistant, plus brillant et imperméable, c’est de l’oxyde de calcium, c’est à dire de la craie ou de la chaux. Entre 10 et 24% de stabilisant, c’est du cristallin.
  • Un colorant à 1% (la couleur naturelle est le vert bouteille) on ajoute souvent du gris pour obtenir du transparent.

Le cristal prend forme lorsqu’on cherche à obtenir un verre beaucoup plus fin et plus solide afin de le travailler plus en profondeur. Il prend alors le nom de verre à plomb, en rapport à sa composition. Le berceau du cristal est en Italie, à Venise et plus précisément à Murano, qui apparait au début de la Renaissance.

Les techniques de transformation de la pâte de verre 

Pour travailler la pâte à verre, il existe trois techniques plus ou moins ancienne. Dans l’ordre chronologique :

  • Le soufflage : son apparition est localisée en Egypte et au Liban au II° ou III° siècle avant JC. On utilise une canne à soufflée qui donne une forme plus ou moins ronde, ce qui donnera la forme des premiers verres, des gobelets, et des premières bouteilles.
  • Le coulage : cela consiste à couler à plat la pâte de verre dans un moule pour fabriquer notamment des vitres.
  • Le moulage : la plus utiliser de nos jours, notamment pour les verres banals. On coule le verre dans un moule (en deux parties) en bois et ensuite on soude les deux « demis verres ».

Le décor

Pour offrir des pièces toujours plus impressionnantes, divers techniques de décors se mettent en place avec deux principes simples : soit on enlève de la matière, soit on rajoute de la matière. Ce savoir-faire a fait la renommé de la verrerie Française.

  • Le taillage : c’est une technique où on enlève de la matière à la surface, on cherche à obtenir des facettes et des arêtes, on poli la surface comme les diamants.
  • La gravure : c’est une technique où on enlève de la matière, on va travailler dans l’épaisseur, on va le creuser. On réalise des dessins à la surface. La partie creusée devient matte, on peut la laisser comme ça ou la polir pour qu’elle redevienne brillante.
  • La dorure : c’est une technique où on ajoute de la matière. C’est un processus très longue à réaliser car il faut cuire l’or qui devient brun et le retravailler pour retrouver sa couleur d’origine.
  • L’émaillage : c’est une technique où on ajoute du verre sur le verre, comme par exemple des camés.

Les plus célèbres fabriques Françaises de cristal

Baccarat : La verrerie de Baccarat a ouvert ses portes en 1764 grâce à l’évêque Louis de Montmorency-Laval en accord de Louis XV et prendra le nom de « Verreries Sainte-Anne » en 1775. C’est 1816 que la manufacture devient une cristallerie. Moins de 10 ans plus tard, Baccarat reçoit une commande royale qui sera la première d’une longue liste. Dans un même temps, la cristallerie se diversifie et propose désormais des éléments de lustrerie. Elle est aussi la première a concevoir des pièces de couleurs en cristal, avec notamment le « rouge à l’or » ou encore des opalines. C’est 1841 que le plus célèbre des services à verres est crée : le service Harcourt, qui est le verre qui joue le mieux avec les effets de lumières à travers la matière et c’est en 1906 que le service de Tsar voit le jour avec ses pièces colorées et richement ciselées. Depuis, la cristallerie de Baccarat s’associe avec des designers de renom, ce qui lui permet de dépoussiérer son image.

Saint Louis : En 1767, près de deux siècles après sa création, le roi Louis XV confère par lettres patentes à la verrerie de Müntzthal le titre de « Verrerie royale de Saint-Louis ». Quinze ans plus tard, François de Beaufort y met au point la formule du cristal. Rebaptisée Cristallerie royale de Saint-Louis, la manufacture se consacre dès 1829 à la seule production du cristal et introduit notamment la notion du service de verres pour la table avec le célèbre modèle Trianon. Aujourd’hui, Saint-Louis signe chaque jour des pièces en cristal réalisées par des maîtres verriers et des maîtres tailleurs comptant parmi les Meilleurs Ouvriers de France. Tous sont détenteurs d’un savoir-faire irremplaçable, enrichi de génération en génération. Grâce aux progrès autorisés par les procédés chimiques et mécaniques, pour certains inventés au XIXème siècle, Saint-Louis a également su initier les techniques les plus pointues de coloration du cristal, façonnage à chaud, taille à froid, gravure des motifs les plus sophistiqués et décor à l’or.

Sèvres : Fondée en 1750, les Cristalleries de Sèvres ont un savoir-faire dans le travail du cristal hérité des maîtres du XVIIIème siècle. L’ancienne verrerie de Chaillot (Paris) fut déplacée en 1725 à Sèvres, sur un terrain appartenant au Duc d’Orléans. La Verrerie Royale de Sèvres a pour fondatrice la Marquise de Pompadour. Mécène éclairée, Madame de Pompadour souhaite obtenir des pièces équivalentes aux fameuses créations en cristal de Venise. Plus tard, l’établissement se démarque par la qualité haut de gamme de ses articles : il est à l’origine, sous Charles X, des célèbres opalines qui deviendront les joyaux de l’Empire, ou de pièces montées en or et vermeil, présentées à l’Exposition Universelle en 1878. En un siècle et demi, Cristal de Sèvres et ses verres luxueux ont définitivement conquis les passionnés d’art de la table à la française.

Royale de Champagne : La cristallerie Royale de Champagne a une grande histoire. Une famille de verriers italiens venus de Murano, les Mazzolay, fondent la Manufacture en 1678, grâce à un privilège royal accordé de la main de Louis XIV. La dynastie des Marquots, de père en fils, assure ensuite pendant près d’un siècle et demi, le succès et la renommée mondiale de la cristallerie, réalisant des services pour le Général De Gaulle, le Président John Fitzgerald Kennedy ou encore le Roi du Maroc. Ce savoir-faire unique, issu d’une tradition et de plusieurs siècles de travail, danse sur le fil du temps. Aujourd’hui, le cristal de la fabrique Royale de Champagne a rejoint la porcelaine et l’orfèvrerie au sein du groupe Daum-Haviland afin d’offrir des collections complètes et raffinées.

La vaisselle et la céramique

La céramique utilisée dans les arts de la table regroupe trois catégories.

Le grés

A base d’argile cuite, qui est rarement vernissée (le vernis est une vitrification, c’est à dire du verre fondu. Il est souvent utilisé à des fins esthétiques ou pour l’imperméabiliser) car la base d’argile est naturellement vitrifiée pendant la cuisson.

Bol Breton à Cidre

Bol Breton à Cidre en grés

La faïence

De l’Antiquité au XVIe siècle, la matière la plus utilisée est le grès. La faïence apparaît en Italie à la Renaissance, dans la ville de Faenza. La faïence est une argile cuite fabriquée avec un tour, ce qui lui donne une forme ronde, recouvertes d’un émail à base d’étain : le stannifère. Cet émail est opaque et de couleur blanchâtre. Les caractéristiques de cette faïence sont un aspect craquelé avec un vernis non régulier, le blanc cassé mat de sa couleur et le son sourd.

Les plus célèbres fabriques Françaises de faïence

La faïence de Gien : C’est en 1821 que l’industriel anglais Thomas Edme Hulm acquiert les terrains et immeubles de l’ancien couvent des Minimes pour y installer une nouvelle manufacture de faïence, façon anglaise. La société connaît des difficultés financières très rapidement et elle change de fait plusieurs fois de mains dans la période 1826-1862. La production s’est d’abord intéressée à la vaisselle utilitaire puis elle s’est orientée vers la fabrication de services de table, de pièces décoratives et de services aux armes des grandes familles. L’importante production de lampes à pétrole ou à huile est une spécificité de Gien. En 1882, la société se lance parallèlement dans la fabrication de carreaux de revêtement en céramique. Elle obtient notamment le marché du métro parisien en 1906 (les fameux carreaux biseautés du métro à Paris). La production de carreaux de revêtements ne sera arrêtée que vers 1980. En décembre 1983, l’entreprise dépose le bilan. C’est Pierre Jeufroy qui reprendra l’activité en 1984 avec 108 salariés. Des mesures drastiques sont alors prises. La surface de production est divisée par deux et les produits non-rentables retirés du catalogue. La production se recentre sur le haut de gamme. La faïencerie fait appel à des artistes afin d’élaborer une nouvelle gamme. En 2003, l’entreprise comptait 227 salariés.

La faïence de Quimper : La Faïence de Quimper est produite depuis 1708 dans le quartier faïencier historique de Locmaria, près du centre ville de Quimper. Sa production s’est développée en faisant venir l’argile de Bordeaux et Rouen, bénéficiant de la présence de deux cours d’eau, l’Odet et le Steir et des forêts environnantes. L’important développement de la faïence de Quimper au XVIIIe siècle entraînera au XIXe siècle une concurrence acharnée des manufactures locales qui s’exprimera autant dans la créativité des décors que sur les bancs des tribunaux.

 

HB-Henriot : héritière directe de la fabrique créée par Bousquet en 1708 dans le village de Locmaria, près de Quimper, HB-Henriot est, de fait, une des plus anciennes entreprises françaises encore en activité. Elle est constituée de la réunion des faïenceries HB et Henriot en 1969. faïence quimper HB-Henriot
faïence quimper Fouillen Fouillen : Paul (1899-1958) fonde sa manufacture en 1945. Cette production est caractérisée par toute une gamme de bruns, et des pièces extrêmement originales. Son fils Maurice, en 1980, doit se séparer de ses ouvriers mais continue à assurer, seul, une petite production.
Keraluc : fondée en 1946 par Victor Lucas (1897-1958). Il s’entoure d’artistes qui savent faire revivre le fonds ancien et aussi apporter de la nouveauté, tels que Pierre Toulhoat ou Xavier Krebs. Après 1958, Keraluc se spécialise dans le travail du grès. Elle ferme ses portes en 1984. La marque a été rachetée par « Faïenceries de Quimper HB-Henriot » faïence quimper Keraluc
faïence quimper d'Art Breton Faïencerie d’Art Breton : créée à Quimper en 1994 par les descendants des vieilles familles faïencières quimpéroises Henriot et Verlingue. Elle est établie en dehors du centre historique.

La faïence de Moustiers : Le premier faïencier de Moustiers, vers 1679, fut  Pierre Clérissy, le descendant d’une longue lignée de potiers de terre. Selon la légende, un religieux venu de Faênza, en Italie, lui aurait appris le secret du bel émail blanc laiteux qui allait assurer, avec le bleu dit « de Moustiers », la réputation de la faïence de Moustiers. Pierre Clérissy fut le seul faïencier de Moustiers jusqu’en 1715 et sut s’entourer d’excellents collaborateurs, les Viry, issus d’une famille de peintres de Riez. La production des Clérissy est de grand feu et caractérisée par des décors tirés des gravures d’Antonio Tempesta, un graveur florentin de la Renaissance italienne.  Le décor « à la Bérain », inspiré des ornemanistes de Louis XIV comme Jean Bérain, apparaît vers 1700. Alors qu’à la fin du XVIIIe siècle, le village comptait douze ateliers, la production de faïence de Moustiers déclina au cours du XIXe siècle et la production cessa en 1873. En 1925, Marcel Joannon dit Marcel Provence, entreprit de faire renaître l’art de la faïence à Moustiers.  Il construisit un four et relança, avec le concours d’artistes décorateurs et d’artisans qualifiés, une production originale de faïences.

La porcelaine

Elle tire son nom d’un coquillage italien « Porcelana » qui est revêtu d’une couche de nacre. On recherche dans la porcelaine une blancheur extrême. On utilise une argile blanche à base de calcaire blanc qu’on cuit une première fois, cela s’appelle le dégourdi. Cette pâte est alors recouvert d’une couverture plombifère et cuit une deuxième fois. Le seul problème de cette porcelaine tendre est sa fragilité, elle est rayable (on ne peut donc pas utiliser de couverts). On trouve enfin la recette pour former une porcelaine dure, on rajoute une argile particulière appelait le kaolin d’origine Chinoise. La porcelaine doit être d’un blanc parfait avec un côté irisé qui permet de décomposer la lumière en faisant apparaître le spectre de couleur.

On reconnaît la porcelaine par :

  • Son blanc bien blanc
  • Un email très lisse et homogène
  • Une surbrillance
  • La porcelaine est translucide

Les plus célèbres fabriques Françaises de porcelaine

La porcelaine de Chantilly : c’est une porcelaine tendre produite de 1725 à 1792 dans la manufacture créée dans la ville de Chantilly par les princes de Condé au XVIIIe siècle. La production reprend après la Révolution de manière irrégulière jusqu’en 1870. En 1725 un chimiste, du nom de Cicaire Cirou, met au point pour le duc de Bourbon une pâte de porcelaine tendre, c’est-à-dire sans kaolin, mais se distinguant de la faïence par son aspect translucide. Le duc de Bourbon fait bientôt construire une manufacture dans une rue de Chantilly alors appelée rue du Japon, et devenue aujourd’hui la rue de la Machine. En 1735, Louis XV accorde pour vingt ans un privilège à Cicaire Cirou qui se voit autorisé à produire « une porcelaine fine de toutes couleurs, espèces, formes et grandeurs à l’imitation du Japon. ». Le procédé de fabrication est amélioré, grâce à l’action de Claude Humbert Gérin, qui parvient à mettre au point une pâte plus blanche en ajoutant de l’alun calciné dans la fritte. Il réussit à obtenir une porcelaine tendre d’un blanc parfait. En forte concurrence avec la porcelaine de Sèvres, la manufacture de Chantilly se verra peu à peu retirer ses privilèges et ses meilleurs ouvriers. La porcelaine de Chantilly continue cependant d’être produite en pâte tendre jusqu’en 1802, malgré ses nombreuses imperfections techniques. En février 1792, un Anglais, Christophe Potter, rachète la manufacture pour y faire de la de faïence fine, de la porcelaine tendre et dure mais aussi du grès fin. Il possédait à Chantilly, non pas une mais deux manufactures, celle de porcelaine dure fut créée vers 1795. Par la suite elle fut reprise par Lallemand, puis par le maire de Chantilly, Pigory. Si la fabrication de la porcelaine tendre s’est terminée vers 1802 avec Christophe Potter, celle de la porcelaine dure a perduré jusqu’en 1870.

La porcelaine de Sèvres : la manufacture fut successivement, au fil des régimes politiques, manufacture royale, impériale puis nationale. Toujours en activité, la manufacture poursuit l’édition d’objets créés depuis 1740. Sa production est aussi largement orientée aujourd’hui vers la création contemporaine. Elle est devenue en 2010 la Cité de la céramique, avec le Musée national de Céramique et, depuis 2012, avec le Musée national de la porcelaine. En 1740, la Manufacture de Vincennes est fondée, grâce au soutien de Louis XV et de Madame de Pompadour, afin de concurrencer les productions de Chantilly et de Meissen. En 1756, la manufacture est transférée à Sèvres dans un bâtiment construit à l’initiative de Madame de Pompadour, à proximité de son château de Bellevue. La fabrique va éditer dès 1750, de la porcelaine aux décor particuliers : un bleu inventé pour cette porcelaine que l’on nommera plus tard « le bleu de Sèvres », ces pièces bleus seront dorées ce qui entrainera une quatrième cuisson. La porcelaine dure est commercialisée à Sèvres dès 1770. Jusqu’en 2009, la Manufacture nationale de Sèvres fut un service à compétence nationale du ministère français de la culture et de la communication.

La porcelaine de Limoges : La porcelaine de Limoges est née entre 1765 et 1770, de la découverte de kaolin à proximité de Limoges, matériau indispensable à la production de cette céramique dure et translucide. François Xavier d’Entrecolles, père jésuite résidant à Jingdezhen, en Chine, étudia et révéla en 1712 la composition et les secrets de fabrication de la porcelaine chinoise. Il est à l’origine de la production de la porcelaine véritable en France et en Europe et en particulier à Limoges. Il détailla la technique de fabrication de la porcelaine chinoise dans deux lettres restées célèbres, en date du 1er septembre 1712 et du 25 janvier 1722. Tout au long du XVIIIe siècle arriveront en France nombre d’albums illustrés reproduisant les différents stades de la fabrication, ainsi que des échantillons de kaolin, qui se révéleront fondamentaux pour la production de la porcelaine véritable. En 1769, Louis XV achète le gisement, faisant de la production de porcelaine un privilège royal. C’est seulement à partir de cette date que l’on a le droit de fabriquer de la porcelaine en France. La fondation de la première manufacture de porcelaine limousine, celle des frères Grellet et Massié-Fournérat, date de 1771. En 1774, la manufacture de Limoges passe sous la protection du comte d’Artois. Cette manufacture restera de 1784, date d’obtention officielle du titre de manufacture royale, à 1794, une annexe de Sèvres.

Les décors

  • Le décor de grand feu est une porcelaine cuite une première fois, la porcelaine est ensuite trempée dans l’émail, on dessine dessus et laisse sécher. Pour finir, on cuit une deuxième fois la porcelaine à très haute température, 1000°C, qui terni les couleurs. Cette méthode est la moins chère.
  • Le décor de petit feu, avec les deux cuissons de bases. On décor la porcelaine et la cuit une troisième fois mais à basse température cette fois. Cela permet de préserver les couleurs. Cette méthode est plus chère car il y a plus de probabilité de les casser.

L’orfèvrerie et les couverts

Bien que tous les objets de table ne soient pas en or, on l’appelle quand même l’orfèvrerie de table. Cela ne prend de sens que lorsque le couvert s’individualise, l’orfèvrerie de table apparaît donc tardivement, sous Louis XIV. Ce seront les bourgeois qui vont développer la ménagère (service complet) recouvert d’argent, fabriqué par Christofle.
Il faut savoir que l’argenterie, même dite massive, est toujours un alliage. On cherche à jouer sur les associations de métaux précieux comme le vermeil qui est de l‘argent massif recouvert d’une pellicule d’or. Ce qui va différencier l’orfèvrerie de France est la décoration.

Il faut distinguer les grosses pièces et les petites pièces d’orfèvrerie.

Décoration des grosses pièces

  • La ciselure consiste à enfoncer la pièce en métal avec un ciselet (sorte de marteau) de l’extérieur vers l’intérieur donc avec des dessins en creux.
  • Le repoussé consiste à travailler la pièce de l’intérieur vers l’extérieur donc un dessin en volume.
  • Le repercé, qui peut être également faite pour les petites pièces, consiste à retirer la totalité de la matière, exemple : effet de dentelle.

Décoration des petites pièces

Essentiellement pour les les couverts, deux options :

  • La gravure, comme sur le cristal, on enlève de la matière avec un burin. La gravure est utilisée pour avoir des pièces uniques.
  • La moulure, utilisé par Souche Lappara, permet d’obtenir des services complets.

Les plus célèbres fabriques Françaises d’orfèvrerie de table

Christofle : l’entreprise Christofle a été fondée en 1830 par Charles Christofle (1805-1863). Il est issu d’une famille d’industriels spécialisés dans le travail du métal précieux, il débute sa carrière en tant qu’apprenti dans l’orfèvrerie et les bijoux. En 1830, il reprend à son compte l’affaire familiale et dépose en 1832 son poinçon de maître à la Garantie de Paris, pour fabriquer des bijoux en or. Charles Christofle va ensuite se tourner vers l’orfèvrerie. Il acquiert des brevets qui vont lui permettre de pratiquer à l’échelle industrielle la dorure et l’argenture par électrolyse, la galvanoplastie, jusqu’alors pratiquées de manière artisanale. Cette technique permet de reproduire à l’identique diverses pièces et donc de les travailler en série. Elle consiste, à partir d’un moule en caoutchouc, à déposer un métal par voie électrolytique sur le moulage de l’objet rendu conducteur. À la fin du XIXe siècle, la maison Christofle produit désormais des objets en métal argenté. L’entreprise Christofle achète en 1880 le brevet et la manufacture pour la fabrication de l’argenterie Alfénide (assemblage de cuivre 59%, zinc 30%, nickel 10%, fer 1%) dont elle a l’exclusivité. L’empereur Napoléon III commande, dès 1851, des services de table officiels de l’Empire à Christofle. Ses titres d’« Orfèvre du Roi » et de « Fournisseur de l’Empereur » vont permettre à la maison devenue célèbre d’être sollicitée par les souverains étrangers. Dès la seconde moitié du XIXe siècle, Christofle devient aussi le fournisseur des ministères, des ambassades, des parlements du monde entier, mais aussi de l’hôtellerie de luxe, des compagnies maritimes et ferroviaires, tant françaises qu’étrangères Aujourd’hui, la marque qui perpétue ses commandes notables, est aussi fournisseur du Palais de l’Elysée à Paris. Les ateliers Christofle se trouvent à Yainville, en Normandie depuis 1971.

Lapparra : Antoine Lapparra est né à Paris en 1857, d’un père maître d’hôtel et d’une mère cuisinière. Il a reçu une formation dans l’orfèvrerie dès le plus jeune âge. Il fonde en 1893, la maison Lapparra, devenu un grand orfèvre argentier, il a travaillé pour les plus grands joailliers de la Place Vendôme et les têtes couronnées. Lapparra possède une histoire riche en créativité et en patrimoine comme en témoigne sa collection impressionnante décent trente modèles de couverts authentiques liés à l’Histoire de France pour la plupart. Le modèle Joséphine a été réalisé pour Joséphine de Beauharnais, le modèle Stanislas a été crée par l’orfèvre de Louis XIV, Thomas Germain. Objets contemporains ou inspirés de l’ancien, créations à la croisée des cultures, Lapparra taille, façonne lampes, vasques, couverts, assiettes, corbeilles dans le respect de l’authenticité jusqu’à créer l’objet unique. Sa boutique existe toujours et n’a pas beaucoup changé, située au 157 rue du Temple – 75003 Paris.

LaguioleLaguiole est une forge située à Laguiole en Aveyron. Les origines de ces couteaux viendraient des années 1820 lorsque, à la mauvaise saison, les travailleurs partaient vers la Catalogne où ils ramenaient dans leurs poches des couteaux Navaja d’Espagne. Ces derniers inspireront les forgeront pour donner la forme du couteau Laguiole. En 1929, Casimir-Antoine Moulin est le premier coutelier forgeron à s’installer à Laguiole, ensuite viendra M. Glaize. Tout deux retravailleront le couteau traditionnel Capuchadou (une simple lame pointue rattachée à un manche en bois) et c’est M.Glaize qui produira le premier couteau fermant : le Laguiole Droit, qui sera fabriqué jusqu’en 1900. Entre 1840 et 1860, le couteau Laguiole évolue vers la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. C’est dans les années 1880 que les couteaux Laguiole se dotent d’un tire-bouchon, notamment pour répondre à la demande des Aveyronnais qui étaient partis à la conquête des cafés parisiens et restés fidèles aux traditions de leur région, ils pouvaient désormais sortir fièrement de leur poche leur couteau Laguiole. Dès 1900, le couteau Laguiole s’embourgeoise et voit sa lame s’habillait de motifs triangulaires. La même année, à l’Exposition Universelle de Paris les couteliers Pagès et Calmels recevront une Médaille d’Or. En l’espace d’une dizaine d’années les couteliers de Laguiole seront honorés d’une vingtaine de médailles pour la qualité de leurs couteaux. En 1909 apparaissent les premiers décors avec notamment l’abeille à la place du motif floral. La première guerre mondiale entraînera la disparition de l’effectif ouvrier à Laguiole. A partir de la fin de la guerre, une partie des couteaux de Laguiole sera produite à Thiers. Dès les années 1960, la clientèle paysanne du couteau de Laguiole est en diminution, la production artisanale de beaux couteaux est infinitésimale et au tout début des années 80, il ne se fabrique pratiquement plus un couteau à Laguiole. En 1985, une équipe d’élus du plateau de l’Aubrac et de passionnés favorise le retour de la fabrication du couteau de Laguiole dans son berceau : c’est la naissance de La Forge de Laguiole qui concrétise ce rêve en 1987. Depuis, la forge s’est diversifiée est propose désormais des ménagères complètes.

La verrerie de cristal, la vaisselle de faïence ou de porcelaine et les couverts d’or et d’argent font la renommés de la France pour ses arts de la table. Avec un savoir-faire ancestral et une qualité irréprochable, ce patrimoine doit être sauvegardé et à mis en avant.

One thought on “Les arts de la table

  1. Bon contenu, un blog vraiment sensé.

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